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ZOOM SUR LA TRANSITION ENERGETIQUE EN FRANCE



ZOOM SUR LA TRANSITION ENERGETIQUE EN FRANCE
Récemment en France, un débat sur la transition énergétique qui s’est tenu sous l’égide de différents acteurs économiques et de la société civile, nous vous livrons ci-dessous une synthèse cette rencontre.

Analyse Economique :

Depuis la période de la révolution industrielle du XIX siècle jusqu’à nos jours, l’Europe a toujours axé son développement socio-économique sur le mix-énergétique à partir du charbon, du pétrole, du gaz et enfin du nucléaire. Les données ont réellement commencé à changer lors du premier choc pétrolier de 1971, suite au pic de production de pétrole des Etats Unis et l’abandon du système de Brettons Woods. Pendant la guerre du Kippour, les pays arabes membres de l’OPEP réunis au Koweit annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole contre les Etats « qui soutiennent Israël ». Les principaux producteurs du Golfe décident alors, d’augmenter unilatéralement de 70 % le prix du baril du brut à destination des Etats-Unis et de l’Europe occidentale. En un an le baril passe de 3 dollars à 12 dollars. Cette période faste qui précède ce changement a été suivie par une surproduction effrénée, une gabegie inqualifiable et un gaspillage sans commune mesure. Le pétrole était à son plus bas niveau, l’activité industrielle était au plus haut niveau, le capitalisme et le libéralisme étaient prédominants dans la presque totalité des pays occidentaux à l’exception des pays sous influence communistes. C’était le siècle des lumières, l’Europe venait d’atteindre son apogée. D’ailleurs à ce sujet, je voudrais simplement attirer l’attention de pays en voie de développement de ne surtout pas calquer le modèle occidental qui a montré toutes ses limites dans tous les domaines. Avec un baril à 100 dollars, des crises financières à répétition, le réchauffement climatique par les gaz à effet de serre, les déforestations, la désertification, les pollutions chimiques et organiques, les accidents nucléaires, etc… Tous ces éléments ont contribué au bouleversement de notre écosystème par la main de l’homme. Aujourd’hui, ces mêmes pays se réunissent autour de l’essentiel pour trouver de solutions médianes aux sources d’énergies diversifiées, comme le développement des énergies renouvelables, les économies d’énergie, le renouvellement de bâtiments et la territorialisation des décisions qui devront impérativement passer par la sensibilisation des citoyens, par l’étiquetage énergétique ou par des compteur électriques « intelligents ». Je citerai en exemple le cas du Danemark qui il y a 20 ans a développé une politique volontariste d'économie d'énergie et de développement des énergies renouvelables. La production annuelle danoise est de 36 Téra Watts heure (TWh) par an et son mix énergétique est de :

- 20 % éolien

- 10 % autres ENR (biomasse, biogaz, géothermie)

- 70 % énergies fossiles

Ce résultat nous montre que les danois consomment déjà 30 % d'énergies renouvelables. Si nous faisons une étude comparative avec la France. La production annuelle de la France est de 518 TWh par an et son mix énergétique est de :

- 75,3 % nucléaire

- 10,5 % fossile

- 11,9 % hydraulique

- 1,5 % éolien

- 0,5 % autres ENR

L'avantage de la stratégie de la France est d'avoir une forte production d'électricité sans GES (gaz à effet de serre) et sans pollution atmosphérique car du nucléaire. Pour combler son retard, elle devra faire des efforts certains pour réussir sa transition de 23 % au moins à l'horizon 2020. Au passage, nous profitons de l'occasion pour dire que nous attendons toujours avec impatience sur le marché de l'automobile les voitures électriques.

Secteur du Bâtiment :

La réduction des consommations d’énergie du bâtiment qui est le premier poste de consommation (environ 40 % du total) est un objectif prioritaire de la transition énergétique. Pour cela, nous les africains devrions intégrer automatiquement ce volet énergétique du solaire (points lumineux) et du thermique (eau chaude) dans toutes les nouvelles constructions. Par exemple, par de nouvelles mesures incitatives en instaurant une fiscalité énergétique pour les ménages qui veulent accéder à la propriété privée ou aider ceux qui veulent rénover leurs maisons à le faire.

Secteur du Transport :

Pour les transports, il faut aller vers la limitation de la vitesse sur Autoroute à 110 km/h et à 80 km/h sur les routes et en ville à 30 km/h et installer des radars sur les axes sensibles. Privilégier le fret maritime, fluvial et ferroviaire, car le secteur du transport contribue à 1/3 de la consommation d’énergie, après le bâtiment.

Secteur du Nucléaire :

Entre la sortie définitive du nucléaire et le renforcement de la filière de l’atome, le président français vient de trancher en donnant son point de vue. L’objectif de François Hollande est de réduire d’ici à 2050 de 75 % à 50 % la part de production nucléaire dans le mix électrique de la France qui reste une politique très ambitieuse, quand on connaît l’impact du nucléaire dans ce pays.

Les Gaz de Schistes :

Dans un récent discours, le président Hollande avait dit qu’il n’autorisera jamais l’exploitation du gaz de schiste pour des raisons environnementales et climatiques (pollution des nappes phréatiques et autres). D’où une étude plus approfondie sur l’impact socio-économique (tourisme, emploi, prix de l’énergie) de l’exploitation de ces gaz est vivement souhaitée
.
Promouvoir les Energies Renouvelables :

Le développement des énergies renouvelables est fortement encouragé, en retenant un objectif de 30 à 40 % de renouvelables dans la production de l’électricité en 2030. Le Medef estime cet objectif est très ambitieux, alors que les O.N.G eux plaident pour 40 % au minimum.

Mon Point de Vue :

L'Europe doit radicalement changer sa façon de produire et se tourner rapidement vers les énergies renouvelables pour réduire sa part de GES d'ici 2020. En ce qui concerne l'Afrique pour promouvoir un développement harmonieux, on ne doit pas répéter les mêmes erreurs que l’occident. Nous devons profiter des nouvelles technologies modernes comme : les ENR, les NTIC (nouvelles technologies de l'information et des communications, l’internet, l’informatique, les télécommunications, etc…). Opter pour la mécanisation de notre agriculture en boostant ce secteur primaire (l’agriculture, l'élevage et la pêche), créer de petites unités de transformation de nos produits locaux (génératrice de revenus), créer des infrastructures modernes, la maîtrise de l’eau (canal du Cayor, installation de pompes solaires, forages et autres sources), développer les énergies renouvelables par le mix-énergétique (solaire photovoltaïque, thermique, biomasse, biogaz, éolien, etc...), l’éducation, la santé, le logement social, promouvoir le commerce Sud / Sud, etc… Autant de défis à relever pour assurer l’avenir des générations futures. Si l’Europe a mis 100 ans pour se développer, nous pouvons le faire en le réduisant de moitié. Par une réelle volonté politique, par la création d’un bureau d’organisation et méthode qui aura la charge de conduire des études pour simplifier les procédures et les formalités mais aussi, d’apporter des actions de formation et d’information auprès des services et des administrations publics. En mutualisant nos efforts dans le travail, nous pouvons relever ce challenge. Pour ce faire, il nous faudra aussi combattre la corruption qui gangrène nos institutions et fragilise nos états, mais surtout, instaurer une politique de bonne gouvernance pour assesoir un développement durable et équitable. Voici les conditions à remplir si nous voulons aller vers l'émergence.