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PROJET CANAL DU CAYOR AU SENEGAL



PROJET CANAL DU CAYOR AU SENEGAL
Le lac de Guiers

Situé au Nord dans la vallée du fleuve à 240 km de Dakar, il est alimenté par le fleuve Sénégal et possède des réserves suffisantes grâce à la mise en service des barrages de Diama et de Manantali. Le lac de Guiers est un défluent du Sénégal et se termine par un cul-de-sac dans la basse vallée du Ferlo. Toutes les études de faisabilité et d’impacts environnementaux ont été faites sur demande de l’état du Sénégal et entièrement financée par la banque mondiale qui a abouti à la proposition du canal. Plutôt que d’installer des conduites coûteuses et improductives, le gouvernement envisage de creuser un canal qui permettra d’irriguer 8 500 ha, de créer 20 000 emplois agricoles et le doublement de la production maraîchère du Sénégal. Mais aussi, l’adduction d’eau potable vers la région de Dakar, la recharge des nappes phréatiques qui baissent dangereusement autour de la capitale et enfin l’irrigation qui représente une aubaine pour la région du Cayor. Pour assurer l’approvisionnement en eau potable de la ville de Dakar jusqu’en 2030, ce projet bien que très coûteux, près de 200 milliards de Francs CFA est potentiellement rentable, il permettra d’aménager dans le Cayor 5 500 ha de périmètres irrigués qui seront essentiellement dédiés à la production de fruits et légumes (agrumes, mangues, pomme de terre, oignons, tomates, etc…). Des petites exploitations maraîchères installées long du canal par des familles organisées en coopérative ou en G.I.E (groupement d’intérêt économique) ou des immigrés de retour dans leur village d’origine.

Les Besoins en Eau dans la Région de Dakar

Selon le rapport de Pierre Lundahl je cite, « au cours des vingt dernières années, la population dans la grande région de Dakar a plus que doublé. Cette croissance démographique, particulièrement prononcée entre 1970 / 1990 (période de grande sécheresse au Sénégal), s’est traduite dans toute la région de Thiès / Dakar par un accroissement de la consommation d’eau à des fins domestiques, agricoles et industrielles. En raison de la topographie relativement plate des régions s’étendant entre la ville de Dakar et le lac de Guiers dans la basse vallée du fleuve Sénégal, on a retenu deux options pour le transport de l’eau : des conduites ou un canal. Une comparaison de ces deux options réalisée dans les années 80 avait montré que, pour les débits envisagés, le prix de revient du mètre cube d’eau était nettement plus élevé dans le cas d’une conduite et que cette solution ne permettait pas de réaliser économiquement des projets d’irrigation dans le Cap-Vert ou dans le Cayor. Le gouvernement du Sénégal avait alors opté pour un canal à ciel ouvert à partir du lac de Guiers jusqu’à Dakar ».

Caractéristiques Techniques du Canal

Etude avant-projet détaillée (APD) qui date 1994 :

- Consommation d’eau potable dans la région de Dakar jusqu’ à l’horizon 2030.

- Les débits nécessaires pour irriguer 8 500 ha répartis à raison de 5 500 ha dans le Cayor et de 300 ha dans le Cap-Vert.

- Le débit utile maximal pour l’horizon 2030 est de 17,25 m3/s dont 10,2 m3/s pour l’eau potable et 7,5 m3/s pour l’irrigation.

Canal Principal

Un canal principal de 157 km destiné à l’alimentation en eau de la ville de Dakar et sa banlieue.

- Une prise d’eau dans le lac de Guiers.

- Un chenal de 17,1 km de long creusé dans le lit actuellement remis en eau de l’ancienne vallée du Ferlo, suivi d’un canal d’amenée de 3,2 km de long.

- Une station de pompage de Diatmet refoulant les eaux dans deux conduites forcées de 2,5 m de diamètre et 4,1 km de long.

- Le canal principal, de section trapézoïdale de 157,2 km de long et de 15 m de large au niveau des rives. Les parois sont revêtues de béton et d’une membrane pour assurer l’étanchéité. L’emprise est de 83 m et comprend une piste pour la circulation des véhicules d’entretien et un rideau d’arbres de 28 m de large de chaque côté du canal.

Canal Secondaire

Un canal secondaire de 83 km destiné uniquement pour l’irrigation des secteurs situés dans l’arrière-pays.

- Un canal d’amenée en béton de 4,1 km de long.

- La station de pompage de Banghadj et deux conduites de refoulement de 2,0 m de diamètre et de 16,8 km de long.

- Un canal de 2,2 km de long.

- Un réservoir de stockage excavé de 6 000 000 m3.

- Une usine de production d’eau potable de 850 000 m3/Jour.

- Un dispositif d’irrigation de la région de Thiès / Cap-Vert, constitué d’un canal trapézoïdal non-revêtu de 78,6 km de long. Aux deux tiers de ce canal (dit secondaire) se trouve une station de relèvement suivi d’une conduite de refoulement d’environ 1,2 km de long et un réservoir de stockage d’une capacité de 100 000 m3.

Le projet comporte en outre 29 prises d’eau d’irrigation réparties à raison de 17 sur le canal principal et de 12 sur le canal secondaire, ainsi que des ouvrages de franchissement des thalwegs (27), 137 ponts et passerelles, des bancs d’emprunt, etc…

Impact Humain & Environnemental

La technologie du transfert massif d’eau a été mobilisée depuis longtemps, dès l’antiquité, pour l’adduction des villes en eau et pour des projets en irrigation. Il est important de noter que le canal du Cayor a comme objectif de satisfaire à un besoin humain fondamental en assurant l’alimentation de la région de Dakar en eau potable, mais aussi le bien-être des populations et assurer le développement de cette ville. Le deuxième objectif est l’irrigation de 8 500 ha, sachant que les populations des zones impactées dépendent encore largement de l’agriculture pour vivre et du fait que la progression de la désertification menace la pérennité des productions actuelles. En phase d’exploitation, ce projet pourrait entraîner la création de 475 emplois, en ce qui concerne le canal, les stations de pompage, etc… et environ, 30 000 emplois en ce qui concerne l’agriculture irriguée sur 15 ans après la mise en service. Merci, de voir la merveilleuse thèse soutenue par Mr Mayoro Niang (école polytechnique de Thiès) en juin 1986 en vue de l’obtention du diplôme d’ingénieur de conception sur les ouvrages d’art concernant le canal du Cayor.

Conséquences

Nous savons tous que l’eau est une denrée rare dans le Cayor et qu’elle a un pouvoir d’attraction considérable. Il est donc important de prévenir les utilisations incontrôlées. En effet, l’eau du canal ne sera pas potable et les risques de pollutions augmenteront si les populations et le bétail fréquentent ses rives régulièrement. Pour parvenir à limiter l’utilisation directe de l’eau, une étude d’impact recommande d’aménager des prises d’eau alimentant des abreuvoirs et des points d’eau situés dans des villages proche du canal. N'étant pas un expert en hydrologie, il y à aussi des problèmes de salinité qui peuvent se poser et quelques maladies comme le paludisme lié aux anophèles et la bilharziose liée aux mollusques.

Conclusion

Qu'on le surnomme Canal du Gayor ou Canal du Baol, peu importe, depuis très longtemps ce fameux projet pouvant régler pour plusieurs décennies, le problème de l’approvisionnement en eau la capitale sénégalaise dort dans des tiroirs en attentant de voir le jour. Nous avons suffisamment d'eau dans ce pays pour l'irrigation et ne plus compter sur la pluviométrie des trois mois de l'hivernage qui plombe notre développement agricole. Lors des dernières élections présidentielles, le candidat Mr Ibrahima Fall avait déjà soulevé cette question. Pourquoi l’état du Sénégal ne réalise pas ce projet que tout le monde attend avec impatience ? Pour cela, nous demandons au gouvernement de Mr Macky Sall de réactiver rapidement ce projet qui soulagera les populations du Cayor et du Baol et réglera définitivement la problématique de l'eau dans Dakar et sa banlieue (ressource additionnelle en eau). Nous savons que trois possibilités existent : le drainage par le canal du Cayor, le dessalement de l'eau de mer ou les nappes souterraines (nitrates).