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LA GRANDE MURAILLE VERTE



LA GRANDE MURAILLE VERTE
Un Projet Pharaonique :

Un sommet a été organisé au mois de juin 2005 à Ouagadougou (Burkina Faso). Une proposition a été endossée par les chefs d’Etats pour l’édification d’une ligne de défense par des activités de reboisement et d’aménagement. Afin de contribuer efficacement au développement intégré des zones rurales traversées et aux actions de luttes contre la pauvreté. Dans le cadre d’un développement durable appelée « Grande Muraille Verte » (GMV) elle est conçue comme une bande de verdure large de 15 KM, traversant 11 pays sur plus de 7 000 KM de long allant du Sénégal à Djibouti et constituée d’espèces végétales, (acacia et balanites) animales choisies pour leur capacité d’adaptabilité à la sécheresse et pour leur intérêt économique. Ce projet transcontinental réunissant onze pays sahélo-sahariens : Sénégal, Mali, Burkina-Faso, Niger, Nigéria, Tchad, Soudan, Ethiopie, Erythrée et Djibouti. La Grande Muraille Verte a pour ambition d’armer les populations locales pour lutter contre la désertification et la pauvreté.

Le Désert du Sahara :

Le Sahara représente le plus grand désert du monde, situé dans la partie Nord du continent africain et s’étend sur une superficie de 9 065 000 km² depuis l’océan Atlantique à Ouest jusqu’à la mer rouge et de l’Egypte à l’Est (soit 4 830 Km de long) et entre la vallée du fleuve Niger et le Soudan au Sud et les montagnes de l’Atlas et la mer méditerranéenne au Nord (soit quelques 1930 KM de large). Il couvre la quasi-totalité de la Mauritanie, de l’Algérie, du Niger, de la Libye et de l’Egypte, le sud du Maroc et de la Tunisie, le Nord du Mali, du Sénégal, du Tchad et du Soudan. Il divise le continent en deux zones Nord et Sud du Sahara qui sont distinctes du point de vue agro climatique. Sa frontière sud est occupée par une bande de savane semi-aride appelée Sahel qui signifie « rivage », est la zone de transition entre la partie aride et la partie semi-aride du Sahara au nord et les régions tropicales plus humides au Sud. Depuis des décennies, les pays saharo-sahéliens sont confrontés à un déficit pluviométrique persistant qui, combiné aux facteurs anthropique, a entraîné une dégradation des ressources naturelles, des sols et une baisse des pâturages et de la production agricole, le 1/3 des terres est devenu aride ou semi-aride et les 35% des terres cultivables sont menacés. Ce contexte de forte aridité a installé la plupart des pays saharo-sahéliens dans une situation précaire de sécurité alimentaire, énergétique et de pauvreté. De multiples contraintes pèsent sur le développement agricole de ces pays dont, en particulier la dégradation des ressources naturelles et du patrimoine foncier, des baisses de rendement, l’insuffisance des semences adaptées, le manque d’eau, les phytopathologies et zoopathologies. Pris individuellement, les pays des zones arides et semi-arides n’ont pas les moyens techniques, humains et financiers de faire face, de façon efficace et durable, aux contraintes de l’agriculture.

Une Nouvelle Approche :

Depuis la signature de la convention internationale de lutte contre la désertification à Paris en octobre 1994, divers plans d’actions nationaux et sous-régionaux ont été élaborés et d’importantes ressources financières mobilisées. De même, diverses institutions de lutte contre la désertification et la sécheresse ont été également crées à cet effet. Il s’agit du Comité Inter-état de Lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), de l’Observatoire du Sahara (OSS), et de l’Autorité Intergouvernementale pour le Développement (IGAD). L’évaluation de ces actions et initiatives laisse apparaître un résultat très mitigé. En effet, ni le reboisement, ni l’intensification des systèmes de production, ni les aménagements hydro-agricoles et ni le micro-crédit n’ont pu promouvoir le développement du monde rural et surtout inverser le processus de la désertification.

Une Nouvelle Vision :

La nouvelle vision repose sur une approche mettant en synergie des actions de lutte contre la désertification et d’atténuation des effets de sécheresse avec celles de mise en valeur des potentialités que renferment les zones en question. Selon Maître Abdoulaye Wade Président de la république du Sénégal « il faut coloniser et domestiquer le désert ». Autrement dit, au lieu d’assister à la désertion de ces zones arides et semi-arides par les populations (qui vont chercher refuge dans les zones soudaniennes et guinéennes), il faut y valoriser les ressources naturelles et y développer des peuplements humains. Avec une approche multisectorielle, la valorisation des zones arides repose sur les domaines des mines et de l’énergie, de l’agriculture, de l’eau notamment des eaux souterraines et l’aménagement des bassins de rétention, des infrastructures et aménagement du tourisme et, enfin celui de l’environnement et de la biodiversité végétale et animale. Cette idée reprise et conceptualisée par Me Wade, a commencé à se concrétiser en 2008. L’enjeu technique semble être maîtrisé mais le défi est gigantesque. La seule partie sénégalaise du projet de la Grande Muraille Verte qui s’étend sur plus de 500 Km et couvre une superficie d’environ 80 000 hectares, concerne une trentaine de communautés rurales.

Une Volonté Politique :

L’union africaine a adopté lors de la conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement en janvier 2007 à Addis-Abeba (Ethiopie) la déclaration 137 approuvant l’initiative « Grande Muraille Verte du Sahara ».

NEPAD :

Le NEPAD, présente une initiative environnementale avec un Plan d’Actions élaboré par la conférence ministérielle Africaine sur l’Environnement en relation avec le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE). L’initiative Grande Muraille Verte se présente comme un projet majeur dont la particularité est d’unir tous les pays concernés dans un même combat, de restaurer et de valoriser les ressources naturelles des zones traversées. Elle apparaît ainsi comme un élément très pertinent de l’initiative de mise en valeur du Sahara.

Risques & Inquiétudes :

La GMV est un projet ambitieux auquel on ne peut qu’adhérer, à condition de bien évaluer les risques. Les populations du département de Lingère, principalement celles du village de Widou Thiengoly localité qui abrite le chantier de la GMV, s’inquiètent de l’avenir du projet. La psychose que représente le manque d’eau pour faire vivre les plantes, hante les populations de cette localité. Au Sénégal, nous perdons 10 milliards de m3 d'eau par an, dans cette zone où les pluies se font rares, il faut suffisamment d’eaux pour pérenniser ce projet. Pour cela, il faudra préconiser l’aménagement de bassins de rétention sur tout le parcourt de la GMV pour remplacer le manque de points d’eau et fixer les populations afin de lutter contre la pauvreté et le phénomène de l’exode rural.

Conclusion :

La Grande Muraille Verte est l’une des plus grandes réalisations de ce siècle après la Grande Muraille de Chine qui a été pensée, conçue et réalisée par des africains pour des africains. Quand nous savons que sur le continent africain 40 millions d’arbres sont coupés pour l’industrie du bois. Cette saignée est très préjudiciable à l’équilibre de notre écosystème. Certains afro-pessimistes diront que ce projet n’est pas viable et prédisent sa mort dans l’œuf, mais c’est sans compter sur la détermination et la volonté de ces hommes qui mènent l’ultime combat pour la survie, la restauration, la valorisation des ressources naturelles et la reconquête de leur territoire. 8 500 ans avant J-C, la région actuelle du Sahara était jadis marécageux, couvert de steppe et de savane, verdoyant, il y avait une faune riche, comprenait des lacs, des sources avec des poissons, des fossiles d’animaux marins, des troupeaux de bœufs peints sur les parois des grottes. C’est vers 1000 ans avant J-C avec le réchauffement climatique, que le Sahara devint aride. Depuis 1900, le Sahara a progressé vers le sud de 250 KM. La taille, le degré d’ensoleillement et la faible population sédentaire du Sahara en font potentiellement un gigantesque « gisement » d’énergie solaire renouvelable, tant photovoltaïque que thermique Reiser avait calculé qu’un carré de 300 Km de côté en plein Sahara équipé avec les techniques de son époque aurait suffit en théorie à alimenter la totalité de l’Afrique et de l’Europe en électricité, et cela indéfiniment. L’Europe, de son côté, pourrait utiliser cette électricité le jour pour pomper de l’eau vers les lacs de montagne et restituer la nuit l’énergie ainsi stockée. En 2010, la mise en application de cette idée a commencé sous le nom de Projet DESERTEC. L’union fait la force, si tous les états africains de l’espace CEDEAO se réunissaient en mutualisant leurs efforts pour la mise en pratique de cette belle initiative à l’instar de ce projet, non seulement, nos besoins en énergie seront entièrement satisfaits, mais aussi, la pauvreté reculera pour ces populations qui n’ont ni accès à l’eau et à l’électricité. Les solutions existent, mais par manque de volonté politique, les choses tardent à se réaliser