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TRANSITION ENERGETIQUE AU SENEGAL



TRANSITION ENERGETIQUE AU SENEGAL
ETAT DES LIEUX EN 2012

La maîtrise de l’énergie constitue la condition de tout développement économique et social durable, mais aussi contribue à rendre l’énergie électrique accessible à la majorité de nos populations, tout en protégeant notre environnement. Depuis les indépendances, jusque dans les années 2000, le développement économique du Sénégal était essentiellement axé sur les énergies fossiles (pétrole), l’hydroélectricité (Barrages de Manantali - Diama & autres). Pour cela, le Sénégal ambitionne d’ici 2018 de générer 30% de sa production d’énergie avec les EnR. Ce mix-énergétique garantira au Sénégal une sécurité et une meilleure disponibilité dans l’approvisionnement en énergie. Les récentes découvertes de pétrole et de gaz devront apporter des ressources additionnelles et une nouvelle dimension dans notre mix-énergétique.

CONSTAT EN 2012

Les Difficultés de la SENELEC :

Ces dernières années, la société a traversé des difficultés caractérisées par :
- Un déficit de production (Energie non distribuée 266 MW en 2010 contre 32 MW en 2011).
- Une détérioration de la qualité de service.
- Des réseaux électriques vétustes, saturés & non secourus.
- Un coût de production élevée (180 F.CFA / kWh) alors que le prix de vente à la clientèle est de 118 F.CFA / kWh d’où une compensation tarifaire en 2012 de 105 milliards F.CFA compte tenu des 18 milliards F.CFA pour les frais fixes de location de 150 MW.
- Des difficultés financières caractérisées par une situation de trésorerie tendue et des impayés importants.

Un Mix-Energétique Inadapté :

- Pétrole :
- Gaz Naturel : 14 MW
- Charbon : 0
- Hydroélectricité : 60 MW
- Energies Renouvelables : 4 MW soit à peine 0,7%

En début 2011, un plan de restructuration et de relance du secteur de l’énergie (Plan Takkal) a été mis en place dont l’évaluation technique récente fait ressortir :

- Un comblement du déficit de production par la location 150 MW au diesel Oil ayant généré des charges financières élevées d’un coût de 106,8 milliards F.CFA
- Une forte dépendance aux produits pétroliers avec peu de gaz naturel dans le mix et non prise en compte des EnR.
- Des choix technologiques risqués (Barges, PPS)
- Coût de production très élevé
- Compensation tarifaire de 105 mds F.CFA
- Mix-énergétique inadapté
- Difficultés financières
- Déficit de production comblé à partir de 2011, par la location de 150 MW au Diesel Oil

FAIBLE ACCES A L’ELECTRICITE (Taux d’électrification)

- 54 % au niveau national
- 90 % en zone urbaine
- 24 % en zone rurale

Sous-secteurs de l’Electricité

ENERGIES RENOUVELABLES

Solaire Photovoltaïque

En 2000, l'électrification rurale est devenue la priorité au Sénégal, plusieurs mesures et actions sont mises en œuvre pour accélérer la pénétration des énergies renouvelables en milieu rural caractérisé par la faiblesse des revenus des populations et la dispersion des habitations qui sont hors portées du réseau de la SENELEC. Seul, 850kWp ont été réalisées par l'Agence Sénégalaise des Energies Renouvelables (ASER) en 2000. La couverture en services électriques s'est fortement améliorée entre 2000 et 2007 avec un taux d'électrification rurale passant de 8 à 16% avec une composante en puissance solaire photovoltaïque (PV) installée de plus de 2000kWp en fin 2007.

- Potentiel solaire : Irradiation entre 1850 et 2250 kWh/m²/an
- Potentiel éolien moyen sur la grande côte avec des vitesses moyennes de vent 6m/s
- Puissance installée : 4 MWp (soit 0,7% de la puissance totale)
- Adoption d’une loi et de deux décrets d’application

Electrification Rurale

Le partenariat public-privé a été érigé comme base de développement de l’électrification rurale. Cette stratégie s’est traduite par l’attribution de six concessions d’électrification rurale sur dix avec une participation du secteur privé aux financements de l’électrification rurale à hauteur de 49,15% du montant total des investissements prévus. En effet les plans de financement consolidés sur les six concessions attribuées enregistrent des engagements contractuels du secteur privé de 51 140 000 USD sur 105 000 000 USD correspondant à l’investissement global. Toutefois la mise en œuvre de ces concessions a connu des retards considérables occasionnant des risques sur les financements accordés par les bailleurs de fonds dont certains sont disponibles depuis 2005. En conséquence le taux d’électrification rurale de 50% qui avait été projeté en 2012 n’a pu être atteint malgré les efforts de l’Etat et le développement de projets d’électrification rurale d’initiative locale (ERIL).

Eolien

En 2009, un projet pilote dans le village de Sine Moussa Abdou (Région de Thiès) où une éolienne de 5kW et un système solaire de 5 kWh ont été installés avec un financement d’INEN-SUS West Africa, partenaire d’EWE AG ainsi que le programme PERACOD de GTZ.

Hydroélectricité

L'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG) a entrepris la mise en oeuvre de son Projet Energie, composante d'un programme énergétique global qui vise le renforcement de la coopération et l'intégration sous-régionale à travers une exploitation rationnelle et concertée des ressources en eau des quatres pays membres (Gambie, Guinée, Guinée Bissau & Sénégal). Les sites concernés sont ceux de Sambagalou & Kaleta pour une productible moyen annuel cumulé de près de 1400 GWh avec une interconnexion de 1677 km de lignes en 225 kV. Le développement du potentiel hydro-électrique au niveau de l’OMVS & de l’OMVG permettra un redressement durable du secteur à travers une réduction substantielle du prix de l’électricité avec un objectif d’avoir, dès l’année 2017, d’atteindre un coût maximum de production se situant entre 60 & 80 F.CFA le kWh.

Nouvelles Orientations

Au début des années 80, la SENELEC a connu plusieurs expériences successives, grâce à la coopération technique bilatérale ou multilatérale, en s'impliquant dans différents projets d'électrification rurale avec les filières éolienne et photovoltaïque.

- Coopération PNUE : Centrale Aéro-Solaire de Niaga Wolof (5kWp + 4 kVa)
- Coopération Espagnole : centrale de Notto (7,5kWp)
- Coopération Allemande : Centrales Solaires de Diaoubé & Ndiébel (21 & 20kWp)
- Coopération Nipponne : Centrales hybrides de Dionewar, Bassoul & Ndimda (100,80 & 10kWp)

La SENELEC dans sa nouvelle politique d'orientation est train de 'examiner, avec différent promoteurs, des projets de centrales à énergies renouvelables avec injection dans le réseau interconnecté. Il s'agit de la centrale à biomasse de 30 MW à Ross Béthio; la centrale éolienne de 50 MW de Saint Louis; la centrale solaire de 7,5 MWp de Ziguinchor et de la centrale éolienne de 150 MW de Taïba Ndiaye.

Contrainte Institutionnelles

Malgré l'intérêt contenu dans ces différents projets de diversifications énergétiques, la SENELEC se trouve, aujourd'hui enfermée dans un cadre institutionnel qui ne lui permet pas de conclure des contrats d'achat d'énergie sur la base spontanée de promoteurs. En effet, la loi 98-29 du 14 avril 1998, amendée par la loi 202-01 du 10 janvier 2002, stipule que le recours à la production indépendante se fera dans le cadre d'appels d'offres lancés par la CRSE. En 2016, des réaménagements du cadre institutionnel ont été apportés. Une nouvelle orientation sur les énergies renouvelables est en train d'être élaborée par le gouvernement du Sénégal pour permettre leur essor et réduire les émissions de gaz à effet de serre résultant de l'utilisation de combustibles fossiles.
Les points fondamentaux de la loi sur les EnR devraient concerner :

- Les conditions d'accès aux réseaux électriques
- Le contrat de raccordement
- L'obligation d'achat et de rémunération de l'électricité produite à partir des EnR
- Les règles de péréquation sur l'ensemble du territoire
- Les respects de normes environnementales.

Malgré l'adoption de plusieurs mesures législatives et réglementaires instituant notamment des avantages fiscaux et douaniers pour les EnR, ce cadre institutionnel reste insuffisant, voire inadapté, pour développer et diversifier la production, notamment avec l'implication des IPP qui constituent l'un des piliers sur lequel repose la stratégie de promotion de l'ensemble des filières. Pour favoriser un développement à long terme de la production d'électricité à partir des EnR, un cadre incitatif est nécessaire. En misant sur une amélioration du rendement du photovoltaïque et une meilleure vulgarisation du solaire thermique, les EnR devraient avoir une place prépondérante dans les énergies du futur en Afrique.

VISION STRATEGIQUE & OBJECTIFS DE LA NOUVELLE LETTRE DE POLITQUE ENERGETIQUE (LPDSE)

Orientations Fondamentales :

Lors du Conseil des Ministres décentralisé tenu à Diourbel, qui s’est tenu le 26 juillet 2012, le Président de la République Macky Sall a lancé les orientations fondamentales de la nouvelle politique énergétique du Sénégal.

Vision :

«Un secteur énergétique performant et assurant une parfaite disponibilité de l’énergie au moindre coût possible et garantissant un accès universel aux services énergétiques modernes dans le respect des principes d’acceptabilité sociale et environnementale.»

Objectifs :

- Garantir la sécurité énergétique et l’accès à l’énergie pour tous afin d’impulser une croissance économique et développement équitable et harmonieux ;
- Développer, comme base de sortie de crise, une politique de mix énergétique associant le thermique, l’hydroélectricité, le gaz naturel, les énergies renouvelables en exploitant au mieux toutes les possibilités d’interconnexion régionale et sous-régionale ;
- Promouvoir la maîtrise de l’énergie et l’efficacité énergétique ;
- Poursuivre et accéder la libéralisation en encourageant la production indépendante et la réforme institutionnelle du secteur ;
- Améliorer la compétitivité du secteur afin de rendre l’énergie accessible aux meilleurs prix dans un contexte de rentabilité des fournisseurs de services énergétiques et d’aboutir au dépérissement progressif du soutien financier dans le secteur ;
- Renforcer la régulation du secteur.
Lignes Directrices de la Politique Energétique dans les Différents Domaines d’Activité

Amélioration du Mix Energétique :

Réduction substantielle du coût de l’électricité avec un objectif d’avoir, dès 2017, un coût maximum de production entre 60 et 80 F.CFA/kWh contre 170 à 190 F.CFA/kWh actuellement conformément au Plan de Production 2013-2017. Une volonté manifeste de promouvoir une implication forte du secteur privé national dans la production. Une rénovation et un renforcement des réseaux de transport et de distribution. Restructuration financière et opérationnelle de la SENELEC. De 4%, nous passerons à 30% en 2018 et le prix du kWh devra connaître une tendance baissière dès 2017.

Centrales Solaires Photovoltaïques & Eoliennes 2017 / 2018
- La Centrale Solaire de 30 MW à Bokhol déjà en service.
- La Centrale Solaire de 20 MW à Malicounda déjà en service
- La Centrale Solaire de 30 MW à Sinthiou Mékhé déjà en service
- La Centrale Solaire de 20 MW à Kahone mise en service en août 2017
- La Centrale Solaire de 30 MW à Mérina Dakhar mise en service en octobre 2017.
- La Centrale Eolienne de 30 MW par an pour atteindre à terme 150 MW à Taïba Ndiaye mise en service en janvier 2018.

Au finish, 8 centrales solaires sont planifiées d'ici 2019 pour booster notre mix énergétique. Toute cette production additionnelle devra être injectée sur le réseau de la SENELEC, elle devra à terme apporter de réelles modifications dans notre transition énergétique. Le coût du kWh devra encore baisser de 10% dès 2018 et permettra au Sénégal d’atteindre les ODD7. Pour cela, nous lançons un grand bravo au Président Macky Sall pour sa vision et sa détermination grâce au PSE (Plan Sénégal Emergent).

Les Agences en Charge de l'Electrification et de l'Efficacité Energétique au Sénégal

- MEDER Ministère de l'Energie et du Développement des Energies Renouvelables
- CRSE Commission de Régulation du Secteur de l'Electricité
- SENELEC Unique Opérateur du Réseau au Sénégal
- ASER Agence Sénégalaise de l'Electrification Rurale
- ANER Agence Nationale pour les Energies Renouvelables
- AEME Agence pour l'Economie et la Maîtrise de l'Energie

LOIS EN VIGUEUR & CADRE REGLEMENTAIRE

LOI N° 2010-21 du 20 décembre 2010 portant loi d’orientation sur les énergies renouvelables, en 2010, le Gouvernement du Sénégal a mis en place une politique visant à rechercher des solutions à ses problèmes d’approvisionnement en énergie, dans ce cadre, le développement des énergies renouvelables au moyen de la diversification des sources de production. Cette démarche est d’autant plus fondée que le Sénégal est doté d’un potentiel non négligeable pour opérer une transition énergétique par un mix-énergétique de ses différentes sources d’énergies renouvelables : Solaire, Thermique, Eolienne, Hydroélectricité, Biomasse, Biogaz, etc. Le cadre juridique qui sera mis en place permettra, d’une part, de répondre aux défis de la croissance économique et de la mondialisation et d’autre part, de préserver l’environnement et le climat.
La loi comprend six chapitres ainsi intitulés :

Chapitre I - Dispositions générales.
Chapitre II - Promotion des Energies Renouvelables.
Chapitre III - Conditions de Production & de Commercialisation de l’Electricité à partir des Energies Renouvelables.
Chapitre IV - Dispositions Pénales.
Chapitre V - Dispositions Transitoires.
Chapitre VI - Dispositions Finales.

L’Assemblée Nationale a adopté, en sa séance du mardi 22 juin 2010 ;
Le Sénat a adopté, en sa séance du jeudi 9 décembre 2010 ;
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Chapitre 1 - Dispositions Générales

Article 1 - Définitions des Energies Renouvelables
Au sens de la présente loi, il faut entendre par :
- Energie Renouvelable : comme étant une source se renouvelant assez rapidement après utilisation / consommation pour être considérée comme inépuisable à l’échelle du temps :

- Energie Solaire : une énergie issue du rayonnement direct ou diffus du soleil ;
- Energie Eolienne : une énergie issue du vent ;
- Energie Hydroélectrique : issue des fleuves ;
- Energie Marémotrice : une énergie issue du mouvant de l’eau créé par les marées (variations du niveau de la mer, courant de marée) ;
- Energie Biomasse : une énergie issue de la fraction biodégradable des produits, déchets et résidus végétaux et animaux, ainsi que des déchets industriels et municipaux.

Article 2 - Champs d’Application
La présente loi vise les applications liées aux énergies renouvelables, leur exploitation, leur stockage et leur commercialisation. Elle s’étend à toutes les filières des énergies renouvelables ainsi que leur sûreté et leur sécurité. Relèvent ainsi des dispositions de la présente loi, l’ensemble des énergies renouvelables visées à l’article 1 et toute autre forme d’énergie renouvelable présentant un intérêt d’application pour le Sénégal.

Article 3 - Objectifs
La présente loi vise à promouvoir le développement des énergies renouvelables sur l’ensemble du territoire du Sénégal. A cette fin, elle a pour objectifs de :

- Mettre en place un cadre règlementaire pour le développement des EnR ;
- Mettre en place un cadre incitatif favorable à l’achat et à la rémunération de l’électricité produite à partir des EnR ;
- Réduire l’utilisation des combustibles fossiles ;
- Favoriser tous les moyens de production, de stockage, de distribution et de consommation pour les besoins
domestiques et industriels en milieu urbain comme en zone rurale ;
- Contribuer à l’amélioration de la sécurité d’approvisionnement en énergie ;
- Diversifier les sources de production (mix-énergétique)
- Promouvoir la diffusion des équipements liés aux technologies d’énergie renouvelable ;
- Réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES)

Chapitre II - Promotion des Energies Renouvelables

Article 4 - Diversification des Sources
En vue de diversifier les sources d’énergies renouvelables, le Gouvernement veillera à intégrer dans sa politique énergétique des mesures visant la promotion des EnR, et à augmenter leur part dans le bilan énergétique pour améliorer le taux d’indépendance énergétique nationale.

Article 5 - Production - Transport - Stockage & Distribution
La production et le stockage de l’électricité à partir des EnR doivent être adaptés aux moyens de transport et de distribution tout en garantissant le respect des conditions de sûreté et de sécurité, notamment celles prévues par le Code de l’Environnement.

Article 6 - Démantèlement des Installations & Gestion des Déchets
Les promoteurs des projets d’énergies renouvelables sont tenus d’adopter les dispositions relatives au démantèlement des installations, à terme ou en cas de nécessité, qui seront incluses dans leurs titres d’exercice. Les modalités de gestion et de recyclage des déchets issus des installations propres aux EnR se feront conformément aux dispositions de Code de l’Environnement. Les conditions spécifiques aux EnR seront spécifiées par voie réglementaire. Un arrêté interministériel du Ministre chargé de l’Environnement et du Ministre chargé des EnR fixera ces conditions.

Article 7 - Instruments de Promotion
Le ministère chargé des EnR veillera à mettre en place, en rapport avec les départements ministériels concernés, des instruments et mécanismes de promotion des EnR. Le développement des sources énergies renouvelables se fera dans le respect des normes de protection de la santé publique, de l’environnement et des exigences de compétitivité de l’économie nationale. A cet effet, des mesures réglementaires seront prises. Il publie un bilan annuel qui rend compte de l’état de développement ainsi que de l’usage des EnR.

Article 8 - Régime Fiscal & Douanier
Les acquisitions de matériels et d’équipements destinés à la production, à l’exploitation et à l’autoconsommation des EnR bénéficient de mesures incitatives.
- Les acquisitions de matériels et d’équipements destinés à la recherche-développement dans le domaine des EnR bénéficient de mesures incitatives. Des dispositions et modalités pour les facilités seront prises à cet effet.
- Les acquisitions de matériels et équipements destinés à la production d’énergie renouvelable pour l’autoconsommation domestique bénéficient d’une exonération totale.

Chapitre III - Conditions de Production et de Commercialisation de l’Electricité Produite à partie des EnR

Article 9 - Conditions d’achat - de Vente & de Rémunération
Les conditions d’achat, de vente et de rémunération de l’électricité produite à partir des EnR s’appliquent à toutes les sources d’énergies renouvelables visées à l’article 1 de la présente loi. Les gammes de puissances des typologies d’énergies renouvelables qui entrent dans le champ d’application de la présente loi sont définies par décret.

Article 10 - Liberté de Production l’Autoconsommation
Toute personne physique ou morale peut pour sa propre consommation, sur toute l’étendue du territoire national, produire de l’électricité à partir d’énergies renouvelables conformément aux dispositions de la loi n° 98-29 du 14 avril 1998 relative au secteur de l’électricité.

Article 11 - Titres d’Exercice
Sauf dans le cas prévu à l’article 10 ci-dessus, les activités de production et de vente d’électricité à partir d’énergies renouvelables réalisées par une entreprise, sont subordonnées à l’obtention de titres (concession ou licence), conformément à la loi 98-29 du 14 avril 1998 portant loi d’orientation relative au secteur de l’électricité.

Article 12 - Conditions d’Accès aux Réseaux Electriques
Tout exploitant de réseau est tenu de connecter en priorité à ses installations de transport, le producteur titulaire d’une licence qui en exprime la demande pour la vente en gros de sa production d’électricité à partir d’une centrale à énergie renouvelable. Le raccordement au réseau doit veiller au respect des spécifications techniques des réseaux des exploitants.

Article 13 - Contrat de Raccordement
Les modalités de raccordement et de détermination des coûts d’accès aux réseaux sont fixées par voie réglementaire. Un contrat de raccordement mentionnant les modalités techniques et financières est obligatoire entre exploitants des installations et gestionnaires en vigueur.

Article 14 - Achat & Rémunération de l’Electricité Produite à partir des Sources d’Energies Renouvelables
Les conditions d’achat et de rémunération ainsi que les conditions techniques et financières sont fixées par décret. Le surplus d’énergie des producteurs visés à l’article 10 bénéficie de conditions d’achat et de rémunération spécifiques qui seront fixées par décret. Les tarifs d’achat, de vente et de rémunération sont fixés par décision de la Commission de Régulation du Secteur de l’Electricité (CRSE).

Article 15 - Compensation
Une compensation adaptée est mise en place pour couvrir les différences de prix afin de garantir :
- Une compensation suffisante et incitative des investissements de production d’électricité à partie des sources d’énergies renouvelables.
- Un équilibre financier du gestionnaire du réseau.
- Les niveaux et modalités d’application de projet doit produire un certificat d’origine délivré par tout organisme agrée.

Article 16 - Certification d’Origine de l’Electricité produite à partir des EnR
Pour Bénéficier des avantages liés à la production de l’électricité à partir des EnR destinée à la vente, le promoteur de projet doit produire un certificat d’origine délivré par tout organisme agrée.

Article 17 - Sélection des Producteurs
Le choix des producteurs d’électricité à partir des EnR pour la vente en gros se fera par appels d’offres conformément aux dispositions règlementaires en vigueur.

Chapitre IV - Dispositions Pénales

Article 18 - Sanctions
Sera puni d’un emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de (5) à vingt (20) millions de Francs CFA sans préjudice des autres sanctions légales en vigueur, tout dirigeant de droit ou de fait d’une entreprise qui, sans avoir obtenu au préalable la licence ou toute autre autorisation requise, aura exercé une activité de production et de commercialisation d’énergie renouvelable. Sera puni des mêmes peines tout dirigeant de droit ou de fait d’une entreprise qui aura violé des dispositions de la licence, s’imposant à elle en vertu de la présente loi et des dispositions législatives et réglementaires en vigueur.

Chapitre V - Dispositions Transitoires

Article 19 - Dispositions Transitoires
Dans un délai de deux ans à compter de la date de promulgation de cette présente loi, le ministère en charge de l’énergie pourra agréer des offres de projets soumis par des promoteurs privés.

Chapitre VI - Dispositions Finales

Article 20Dispositions Finales
Sont abrogés toutes les dispositions contraires à la présente loi.
La présente loi sera exécutée comme loi de l’état.

Fait à Dakar, le 20 décembre 2010
Abdoulaye WADE
Par le Président de la République :
Le Premier Ministre
Souleymane Ndéné NDIAYE
Source : Journal Officiel

POLITIQUE & REGLEMENTATION

Bien que le Sénégal apporte un soutien politique constant pour les énergies renouvelables, notamment par le biais de deux nouveaux décrets sur la loi d’orientation des énergies renouvelables, approuvés en 2013, une stratégie de promotion et de mise en œuvre intégrale et coordonnées doit être mise en œuvre. Parmi les obstacles et lacunes dans le domaine de la politique et de la réglementation figurent :
- L’absence de tarifs harmonisés / normalisation de l’électricité dans les zones urbaines et rurales (deux tarifs différents entre la SENELEC & l’ASER établis par la CRSE).
- Le fameux Plan d’Investissement Stratégique pour l’accès aux services énergétiques dans les zones rurales (en attente d’approbation).
- Le troisième décret de la loi d’orientation sur les énergies renouvelables (en attente d’approbation).
- L’exonération d’impôt sur les technologies d’énergie renouvelable importées, etc.
Sur les Incitations Fiscales.

Bien que les objectifs d’énergies renouvelables dans le mix énergétique aient été planifiés et promus, il n’existe pas encore d’incitations fiscales à l’exonération pour les importations des technologies renouvelables au Sénégal. Dans cette perspective, le troisième décret sur la loi d’orientation sur énergies renouvelables est en discussion au niveau du Parlement pour une éventuelle approbation.

Politique & Réglementation

Le Sénégal a travaillé sur l’Assurance Qualité des composants importés du système solaire (panneaux, batteries solaires) depuis 1990 mais pas pour d’autres technologies d’énergie renouvelable. Le système d’assurance de la qualité fait défaut et doit être mis en place même si deux centres y travaillent en ce moment (CERER & CIFRES).
Ces grandes lacunes et contraintes doivent être abordées à travers des recommandations de politiques visant à passer à l’échelle des investissements dans les énergies renouvelables à usage productif.

Objectifs du PSE

- Baisse du prix du kWh entre 60 et 80 F.CFA/kWh
- Objectif visé un taux d’électrification à 100%
- Augmentation de notre mix énergétique de 1500 MW la capacité installée

Les Plans & Programmes Energétiques en Vigueur au Sénégal

- Le PSE (Plan Sénégal Emergent)
- Le PASER (Plan Sénégalais d’Electrification Rurale)
- Les ERILS (Electrification Rurale d’Initiatives Locales)
- Le Plan National d’Investissement dans le Secteur des Energies Renouvelables
- Le Plan d’Action SE4ALL pour le Sénégal
- La Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté

Lacune Politique - Cadre Juridique & Réglementaire dans les EnR

La loi relative aux biocarburants au Sénégal, nous savons tous que le Jatropha Curcas ou Tabanini en Woloff est l’un des meilleurs biocarburants au monde. Pourquoi ne pas élaborer un concept pour la production et l’utilisation des huiles végétales comme carburant vert (biocarburant) qui soit valable pour toute la région du Sahel. Ces applications dans l’automobile et dans l’aviation ne sont plus à démontrer, il est évident que la mise en place d’une importante industrie du biodiesel créerait de nombreux débouchés pour les agriculteurs, ainsi que des emplois liées à la construction et aux opérations dans les usines de production. Un impact positif sur la croissance économique et la création d’emplois à l’échelle régionale. Le brésil est devenu leader dans ce domaine et a considérablement réduit son taux de carbone. Le Sénégal a un énorme potentiel pour adopter les technologies d’énergie renouvelable, l’état et les experts disent que le solaire photovoltaïque est particulièrement prometteur et pourrait fournir 10 000 gigawatt/h d’électricité par an. Le gouvernement est engagé à fournir un approvisionnement énergétique suffisant et durable grâce à la formulation d’un cadre et des politiques de réglementation efficace et de promouvoir une plus grande utilisation de nouvelles sources d’énergie. La politique de l’énergie qui est en place, la mise en œuvre est en retard, manque d’objectifs spécifiques à long terme, des plans d’action clairs, des échanciers et des stratégies de mise en œuvre des énergies renouvelables. Nous ne disposons pas de rapports sur les EnR dans une base de données fiable qu’on peut consulter en temps réel, le suivi et les cadres d’évaluation pour guider le progrès. Dans une dynamique de rassemblement afin de promouvoir une nouvelle politique dans le domaine des EnR, Pour cela, le COPERES (Conseil Patronal des Energies Renouvelables du Sénégal) qui s’organise, qui veut parler d’une seule voix en mutualisant tous ses efforts, exhorte encore une fois l’état du Sénégal à faire de la ségrégation positive envers les entreprises du secteur privé qui s’activent dans le domaine des EnR. On s’est aperçu que lorsque des appels d’offre sont lancés, la barre était souvent très haute et que les entreprises du secteur privé étaient dans l’impossibilité d’y souscrire parce que n’ayant aucune garantie ni les capacités financières pour y aller et que les banques de la place ne jouent pas le jeu. C’est pourquoi, nous proposons un découpage des appels d’offre par de petits lots pour permettre aux entreprises privées nationales de pouvoir y souscrire. Un pays ne peut émerger que si son secteur privé est dynamique et crée de la richesse.

Loi de Réforme du Code des Douanes

Des lois ont été votées par l’assemblée Nationale et nous attendons toujours avec impatience les décrets d’application concernant la douane et les taxes qui sont appliquées aux opérateurs économiques. On nous parle souvent des accords qui nous lient avec la CEDEAO ou l'UMEOA, alors que le Mali et le Burkina Faso ont contourné. Nous demandons à l’état du Sénégal de revoir rapidement tous ces accords pour soulager le secteur privé évoluant dans les EnR.

Code National des Investissements

Nous savons tous que nous avons besoin des investisseurs et surtout le la technologie de l’occident, par contre, nous demandons à l’état du Sénégal de donner au moins 30% de la part de l’investissement en joint-venture avec une entreprise sénégalaise qui s’activent dans les EnR.

La Finance dans les EnR

L’accès u financement est un obstacle majeur, avec un manque de modèles de financement adéquats pour promouvoir des technologies des EnR. Aller vers d’autres canaux de financement pour les systèmes solaires tels que les systèmes de paiement mobile et les micro-prêts (Micro-crédit) pour les investissements dans les énergies propres. Les banques sénégalaises ne sont pas outillées pour répondre aux attentes des opérateurs économiques qui s’activent dans les EnR.

Contrôle de Qualité

Le marché de l’énergie est en grande partie non réglementé, sans normes et garanties pour les technologies solaires les plus importés, ce qui entraîne l’importation de produits de qualité inférieure. Ce qui pousse les utilisateurs a fustigé le solaire, le taux d’échec élevé de la technologie importée a fini par étouffé le marché solaire, s’y ajoute la majorité des électriciens qui prétendent être des installeurs solaires sans aucune formation adéquate. Pendant ce temps, le service après-vente pour l’énergie solaire est quasiment inexistant. Les laboratoires d’essais solaires dédié qui sont sensés vérifier les composants tels que : les modules solaires, les batteries solaires, les onduleurs et les régulateurs de charge sont sous-équipés.

VISION & OBJECTIFS

ELECTRIFICATION A USAGES DOMESTIQUES

Dans le cadre de l’efficacité énergétique et la promotion de la réduction du coût exorbitant de l’électricité des ménages sénégalais en zone urbaine et péri-urbaine nous avons initié un vaste programme national d’équipement par des kits solaires (SHS). Les délestages à répétition surtout en période de chaleur et la cherté des factures ont motivé beaucoup de familles à aller vers des solutions alternatives. En tout cas, l’idée de connecter les familles à susciter un réel intérêt pour les populations urbaines & péri-urbaines
.
ELECTRIFICATION A USAGES PRODUCTIFS

L'accès à l'énergie ne concerne pas seulement l'électrification d'une maison, mais d'aider la croissance sociale et économique dans les villages et les communautés en créant un avenir propre et durable. En 2014, le taux d’électrification national du Sénégal était d’environ 55%, mais ce chiffre n’était que de 30% lorsqu’il s’agit de zones rurales. Des études d’impact ont été menées auprès de tous les artisans qui travaillent en milieu urbain et le constat est unanime, les coupures intempestives de la SENELEC ont une conséquence réelle sur leur production et représentent un manque à gagner de plusieurs milliers de Francs CFA. Tous ces acteurs qui s’activent dans les secteurs de la transformation (post récoltes) comme des services sont d’accord pour adhérer à ce type de projet innovant par l’amélioration de la productivité agricole des communautés rurales par l’irrigation, la transformation et la conservation des produits laitiers, le traitement des céréales et le broyage. Des possibilités de renforcement des capacités techniques et entrepreneuriales sur les technologies d’énergies renouvelables liées aux usages productifs existent.

Milieu Péri-Urbain

Aux nombreux corps de métiers qui s’activent dans la banlieue ne sont pas encore connectés au réseau de la SENELEC et on manifestait leur besoin d’accéder rapidement à ce genre de services.

Milieu Rural

Notre leitmotiv est “l’accès à l’énergie pour tous”, toutes les études qui ont été menées nous montre que: le tailleur, le coiffeur, le menuisier métallique, le soudeur, les femmes transformatrices de produits locaux à forte valeur ajoutée etc… tous ces corps de métiers sont souvent très éloignés des villes et ce gap plombe l’économie locale. Les usagers sont tous d’accord pour adhérer à ce type de projet innovant, qui pourra à court terme régler leurs problèmes de façon efficiente et définitive. Pour booster l’agriculture, des pompes eau solaires sont proposées aux populations pour l’accès à l’eau potable, pour l’agriculture car ils sont confrontés aux problèmes de gasoil pour irriguer leurs champs.

LES IMPACTS SOCIAUX

Cases des tous petits, écoles, collèges, centres de formation, centres de santé, dispensaires, mosquées, églises, chapelles, hôtels, maison d’hôtes, éclairage public, etc... La réduction de la pauvreté en milieu rural aidera beaucoup de jeunes qui ont massivement immigré dans les villes (exode rural) d’opérer un retour vers l’agriculture. Pour cela, il faudra impérativement inverser le développement des villes vers les campagnes par la décentralisation.

LES IMPACTS ECONOMIQUES :

Boutiques, vidéo club, artisans, moulins, décortiqueuses, etc.

LES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX :

Des tonnes de CO² évitées sur 20 ans

QUELQUES RECOMMANDATIONS

- Elargir tous les programmes et progrès du secteur le mécanisme de financement de l’ASER.
- Profiter des mécanismes de financement carbone.
- Mettre en place des mécanismes de financement innovants (ligne de crédit, fonds de garanti, financement islamique).
- Inciter l’état à faciliter l’accès au financement à des taux faibles (Fonds Climatique).
- Mettre en place des institutions aux normes internationales d’évaluations et de certifications.
- Formaliser, renforcer leurs capacités et accompagner aux premiers financements les MPE.
- Création de centres incubateurs pour le montage de produits solaires "Made in Sénégal" (onduleurs, régulateurs de charge, panneaux solaires, batteries solaires, etc..).
- Assurer la préservation de la durabilité environnementale aux générations futures.

CONCLUSION

60% des populations en milieu rural n'ont pas accès à l'électricité. Dans l’urgence, si nous voulons permettre à des milliers de familles sénégalaises d’accéder à l’énergie, il est impératif de booster le secteur de l’électrification rurale par des kits solaires ou SHS (Solar Home System) non seulement pour assurer la couverture des zones qui ne sont pas raccordées au réseau de la SENELEC, mais aussi de donner cet accès à tout le monde (Droit à l’Energie pour tous). Vu notre proximité avec l’équateur, notre taux d’irradiation solaire au Sénégal est d’environ 5,5 kWh/m²/jour soit 3000/h d’ensoleillement, avec un taux de vent d’une vitesse moyenne de 6,5 m/s pour les applications éoliennes, sans parler des fleuves Sénégal et Gambie qui nous offrent un potentiel hydroélectrique total de 1,4 GW56. Nous pouvons aisément modifier notre mix-énergétique en se tournant vers les énergies renouvelables pour réduire le taux de carbone (Gaz à Effet de Serre). Dans le passé, des concessions ont été attribuées à des opérateurs privés par le biais de l’ASER (Agence) qui n’ont pas donné les résultats escomptés (ERIL). En tant que secteur privé évoluant dans les EnR, le COPERES (Conseil Patronal des Energies Renouvelables du Sénégal) propose des Solar Home System (SHS) ou kits solaires autonomes qui semblent plus prometteurs, et qui peuvent répondre rapidement aux attentes des populations du monde rural, urbain et péri-urbain. Ceci non seulement leur permettra d’assurer la chaîne des valeurs (filière lait, pêche, agricole, etc.), mais aussi, de promouvoir la consommation locale et la transformation de nos produits de base afin de créer de la valeur ajoutée. Vu l’urgence, cette vision cadre parfaitement avec le PUDC qui est un programme cohérent de développement.


SOURCE : Pr A. CH. BEYE - PERACOD & CHEIKH LATYR NIASSE