Vidéo à la Une

PROJETS DE DESSALEMENT D'EAU DE MER AU SENEGAL



PROJETS DE DESSALEMENT D'EAU DE MER AU SENEGAL
Définition

Le dessalement est un processus qui permet d’obtenir de l’eau douce à partir de l’eau saumâtre ou salée (eau de mer), il s’agit rarement de retirer les sels de l’eau, mais plutôt l’inverse d’extraire de l’eau douce. Le dessalement de l’eau de mer est un enjeu important pour l’avenir des régions arides, moyennant un coût de production pouvant descendre à 0,5 dollars par m3.

Différents Systèmes de Dessalement

Osmose inverse :

Technique « membranaire » repose sur une ultrafiltration sous pression au travers de membranes dont les pores sont des trous si petits que même les sels sont retenus. Cette technique en plein essor (coût énergétique moyen 4-5 kWh/m3) est un système éprouvé ayant montré sa fiabilité.

Distillation Multi-Effets :

Ce système fournit une eau très pure son coût énergétique élevé (15 kWh/m3).

Flash Multi-Etages ou Système Flash :

Utilisé dans les pays du Golfe, fourni une eau dont le taux de sel résiduel est non négligeable avec un coût énergétique élevé (10 kWh/m3).

Compression de Vapeur :

Il fournit une eau pure, son énergétique moyen (5 kWh/m3).

Distillation par Dépression :

Ce système est basé sur le fait que la température d’évaporation dépend de la pression. Il fournit une eau très pure et son coût énergétique faible (2 à 3 kWh/m3). Il est souvent utilisé pour de petites unités.

Distillation par Four Solaire :

Le four solaire concentre en une zone restreinte les rayons du soleil, grâce à un miroir parabolique pour porter à haute température l’élément qui contient l’eau destinée à être évaporée.

Electrodialyse :

On applique un courant électrique qui fait migrer les ions vers les électrodes. Ce système est très rentable pour les faibles concentrations, l’énergie à mettre en jeu dépend de la concentration en sel.

Condensation :

Sur une surface ayant une température inférieure au point de rosée. Fournit une eau pure et son coût énergétique = zéro avec un système passif ou faible avec un système actif. Il est utilisé pour de petites unités.

Dans tous les cas, le dessalement produit une saumure dont il faut se débarrasser, ce qui n’est pas un problème en bordure de mer là où le courant est important. (Source Wikipédia)

Coûts Financiers & Impacts Environnementaux

Sous l’impulsion du président Macky Sall, l’apix va accompagner le projet d’une unité de dessalement de l’eau de mer par la technologie des énergies renouvelables à Lompoul et à Kayar. Ce projet initié par M. Imscher un investisseur de nationalité allemande qui détient 30 % du capital et deux investisseurs turcs qui détiennent respectivement 30 % et 20 % du capital et une société sénégalaise Exom appartenant à un investisseur du pays qui détient 20 % du capital. Les investissements prévus sont estimés à 432,6 milliards de F.CFA et seront financés sur fonds propres. Ce projet devrait permettre la création d’environ 800 emplois directs avec la mise en place d’un système d’irrigation, il permettra aux opérateurs économiques de disposer d’une eau d’irrigation et des infrastructures hydrauliques nécessaires au développement de l’agriculture et de l’élevage des zones impactées. Toujours dans le cas d’accompagnement de l’Apix, une zone horticole de 500 ha sera offerte aux producteurs professionnels dans le but d’appuyer la modernisation du secteur maraîcher des Niayes et d’augmenter le rendement par hectare. Cette unité de dessalement de l’eau de mer devrait produire une tonne de sel par jour, 100 000 m3 d’eau potable par jour et 400 000 kW par jour. Il sera exécuté par le groupe allemand Sh. + E Group une société spécialisée dans le traitement des eaux et leader mondial dans les domaines de l’eau, l’énergie, l’emballage et les processus.

Les Projets en Cours au Sénégal

Lors du Pepam qu’il présidait le 05 juin 2012 à Dakar, le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement Mr Oumar Guèye nous avait annoncé la mise en place d’une unité de dessalement de l’eau de mer. Evaluée à un coût de 238 milliards de F.CFA. Ces usines qui seront implantées au niveau des Mamelles et à Ngaparou, auront pour objectif de faire face au déficit d’eau dans les prochaines années. D’une capacité de 50 000 m3 par jour. Une nouvelle centrale sera construite à côté, Sachant, que cette technique est gloutonne en énergie et que la Sénélec ne sera pas en mesure de lui livrer toute l’énergie dont elle aura besoin pour bien fonctionner. D’après le Ministre, « notre pays risque de connaître entre 2014 et 2017 un déficit de l’eau de 47 000 m3 par jour. Le Japon vient de boucler le financement de 135 milliards de F. CFA pour la réalisation d'une usine de desssalement d'eau de mer d'une capacité de 50 000 m3/jour extensible à 100 000 m3/jour prévue en janvier 2018 ce volet impactera 460 km de réseaux de distribution pour assurer l'alimentation en eau potable de Dakar et sa périphérie.

Forages pour la déconnexion des Niayes

La zone des Niayes qui a une vocation maraîchère consomme énormément d’eau, dont la plus grande quantité vient de la Sénégalaise des Eaux (S.D.E). Cette eau traitée était destinée en fait à la consommation des populations. « Le gouvernement a estimé que c’est du gaspillage, parce que le maraîchage n’a pas besoin de l’eau traitée provenant de la Sde, il a décidé de mettre ce forage dont l’eau n’est propre à la consommation ». « Cette eau, malgré son taux de nitrate élevé est apte au maraîchage dans la zone des Niayes », a indiqué Mr Oumar Guèye. « Le gouvernement a décidé de réinjecter l’eau traitée à partir des stations d’épuration comme celle de Gambèréne vers les Niayes et éviter son évacuation vers la mer ». Une enveloppe de 10 milliards de F.CFA a été prévue par le Ministère de l’Hydraulique pour la réalisation des deux ouvrages.

Déconnexion des Niayes

Ce projet de 6 milliards de F.CFA permettra la déconnexion des maraîchers de la zone des Niayes du réseau de la Sones par la recherche un financement complémentaire dans le budget de l’état pour finaliser le projet en cours. A noter que Sénégal a gagné des points, en 7 ans, ce sont près de 2 100 000 personnes supplémentaires qui ont pu bénéficier d’un accès en eau potable en milieu rural. En 2011, près de 1000 bornes fontaines et plus de 1500 kilomètres de réseau ont été réalisés dans le monde rural avec un taux de disponibilité de forages ruraux motorisés de 90 %, contre 86,4 % en décembre 2010. Selon le Ministre, « La production cumulée d’eau potable en milieu urbain en 2011 a atteint 148,8 millions de m3, soit une progression de 1,28 % par rapport à 2010. La qualité bactériologique de l’eau demeure satisfaisante, avec un taux de conformité de 99 % en 2011. Les partenaires au développement comme la Banque Africaine de Développement (BAD), l’Agence Française de Développement (AFD) se sont engagés à accompagner l’état à atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) pour l’accès à l’eau potable au Sénégal.

Conclusion

Certes, des progrès réels ont été réalisés dans la cadre de l’accès à l’eau potable aussi bien en milieu urbain que rural. Au Sénégal le taux d’accès à l’eau potable en milieu urbain est de 98,5 % et 80,1 % en milieu rural. Alors, ma question est la suivante, nous savons tous que des études approfondies ont été faites concernant : le projet de canal du Cayor, les projets de dessalement de l’eau de mer et le projet des forages pour la déconnexion des Niayes, prévoir d'autres sources additionnelles en eau potable pour pallier à d'éventuelles pannes techniques sur le réseau existant de la SDE. Pourquoi le gouvernement traîne-t-il les pieds, pourquoi cette lenteur administrative pour la réalisation de tous ces projets aussi importants les uns que les autres pour promouvoir le développement de notre pays ?